02 Mai 2018

Parole d’acteurs n°3

Christophe DORÉ, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de la Seine-Maritime et Catherine CAPRON, chargée de développement économique, représentante de la CMA au Conseil consultatif de développement.

Bonjour, pouvez-vous nous présenter en quelques mots la structure que vous représentez au sein du Conseil consultatif de développement?

La Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) est chargée de représenter les intérêts des artisans auprès des pouvoirs publics et d’assurer pour les artisans, les apprentis et les organisations professionnelles, une mission d’information, de formation, de conseil et d’immatriculation des entreprises.

C’est une institution qui défend l’économie de proximité et les entreprises au niveau local.

En quoi l’élaboration d’un Plan local d’urbanisme intercommunal présente-t-elle aujourd’hui un intérêt pour la Chambre des métiers et de l’artisanat ?

Les entreprises artisanales sont génératrices d’animation et d’attractivité à l’échelle d’un quartier, d’une commune ou d’une métropole. Elles apportent des emplois locaux et forment des jeunes du territoire. L’artisanat recouvre les notions d’ancrage territorial et de proximité. Les entreprises artisanales s’inscrivant durablement dans leur territoire et le PLU apportant une vision de ce que sera la Métropole à 10-15 ans, la CMA se doit de rappeler les enjeux de cette économie locale.

Rappelons que la première entreprise de France, c’est l’artisanat. Sur le territoire, l’artisanat est présent partout, bien implanté, créant du lien social, générant et participant au développement économique des communes grandes et petites de la Métropole.

Qu’attendez-vous de ce nouveau PLU?

La CMA attend du PLU qu’il crée l’environnement le plus favorable au développement des entreprises artisanales, en adéquation avec l’évolution de la population et des habitudes de consommation. Le PLU doit organiser la symbiose entre les besoins de la population et les prestations proposées par l’artisan.

Il s’agit de prendre en compte les spécificités des entreprises artisanales, les besoins en termes de bâtiments, de locaux, et d’organiser une mixité fonctionnelle entre habitat, commerce et artisanat. Cette prise en compte est essentielle pour le bien-être et le bien-penser d’un PLU. Nous serons attentifs sur la mixité offerte dans les quartiers éco-responsables. Nous sommes pour un PLU qui respecte les cœurs de ville, préserve l’identité de nos communes, limite le déploiement des grands pôles commerciaux périphériques.

Si vous deviez retenir, et proposer à la Métropole, une idée ou une recommandation pour ce PLU, quelle serait-elle?

On entend beaucoup parler de circuits courts, or l’artisanat c’est du circuit court ! Aller chez son boulanger, son boucher… c’est faire vivre l’idée de circuit court.

→ S’il y a un leitmotiv à retenir pour ce PLU c’est «Proximité, Proximité, Proximité».

Les habitants font appel aux entreprises artisanales dans leur vie de tous les jours. Cela nécessite d’organiser la proximité entre habitat et artisanat. Une tendance existe à la disparation des services de proximité et parfois au rejet d’activités artisanales qui ne trouvent plus leur place dans la ville en raison d’une pression foncière générée par des fonctions ou activités jugées plus rentables comme les bureaux, l’habitat, les centres commerciaux.

→ Il faut que le PLU intègre l’artisanat dans les fonctionnalités de la ville.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les locaux des artisans se situaient en ville. Les ateliers artisanaux ont ensuite pâti des mutations et rénovations urbaines au profit d’autres activités ou d’une mono-fonctionnalité dédiée à l’habitat.

En lien avec la proximité, les problématiques relatives aux mobilités, au stationnement, à la desserte en transports en commun et la gestion du dernier kilomètre pour les livraisons sont également fondamentales. La question des accès pour l’artisan et ses clients est essentielle. L’artisan est prêt à entrer dans une démarche éco-citoyenne, il faut lui donner les moyens d’intégrer les nouveaux écoquartiers.

Vous participez à la commission «Planification et Aménagement du territoire» du Conseil consultatif de développement (CCD), pourriez-vous nous dire comment vous intervenez au sein de cette instance sur le PLU?

Il s’agit pour la Chambre des métiers et de l’artisanat de participer aux discussions sur les enjeux du développement tout en faisant part aux habitants et acteurs du territoire présents au CCD des problématiques et parfois des difficultés rencontrées par les entreprises.

Si les chefs d’entreprise n’ont pas toujours le temps de s’intéresser et de contribuer à ces réflexions, il est essentiel que la Chambre les représente et porte leur voix car leur activité dépend souvent de leur environnement. Chaque évolution urbaine (rénovation d’un quartier, nouvelle ligne de transport…) produit des effets, positifs ou négatifs, sur le potentiel de clientèle et d’activité en fonction de l’emplacement de l’artisan. Il faut donc penser son développement d’activité en ayant conscience des projets et avoir une vision claire des mutations futures du quartier, de la commune et de la Métropole.

Merci à Catherine Capron et Christophe Doré pour avoir partagé avec nous leur vision de l’aménagement du territoire et leurs idées pour le futur PLU de la Métropole (interview réalisée le 9 février 2018).

Retrouvez une nouvelle interview «Parole d’Acteurs» prochainement sur le site.

Pour en savoir plus sur le CCD, rendez-vous sur le site de la Métropole. Vous pouvez consulter également les synthèses des ateliers de la commission «Planification et aménagement du territoire» sur la page «Publications».